Chaque jour, des milliers de contrôles officiels (inspections et/ou prélèvements pour analyses) sont réalisés en France pour surveiller la sécurité sanitaire des aliments. Pourtant, leur fonctionnement reste souvent méconnu et de nombreuses idées reçues circulent.

Faisons le point sur quelques-unes des plus fréquentes.

Idée reçue n°1 : « Tous les aliments sont contrôlés avant d’être vendus »

Faux

Il serait matériellement impossible de contrôler chaque aliment produit ou commercialisé en France.

La sécurité sanitaire repose sur plusieurs niveaux complémentaires :

  • en premier lieu : les autocontrôles réalisés par les professionnels de la chaîne alimentaire ;
  • les inspections menées par les services de l’État ;
  • les prélèvements pour analyse du dispositif de plans de surveillance et les plans de contrôle (PSPC) ;
  • les contrôles effectués aux frontières sur certaines marchandises.

L’objectif n’est donc pas de tester chaque produit, mais de surveiller les denrées présentant le plus de risques grâce à une stratégie fondée sur les connaissances scientifiques et l’analyse des risques.

Idée reçue n°2 : « Les contrôles ne concernent que les produits finis »

Faux

La surveillance intervient tout au long de la chaîne alimentaire.

Selon les plans mis en œuvre, les prélèvements peuvent être réalisés :

  • dans les exploitations agricoles ;
  • dans les élevages ;
  • dans les abattoirs ;
  • dans les ateliers de transformation ;
  • dans les entrepôts ;
  • dans les commerces.

Cette approche permet de détecter les non conformités le plus tôt possible ou au moment le plus adéquat.

Idée reçue n°3 : « Un prélèvement signifie qu’il y a un problème »

Faux

Ils existent deux principales stratégie au sein du dispositif déployé chaque année par la DGAL. Dans le cadre des plans de contrôle, on cible sur un faisceau d’indice (des critères de ciblage) les prélèvements dans un objectif de détecter une non conformité en effet. Il y a également une part non négligeable de prélèvements du dispositif s’opérant sous une stratégie de surveillance, permettent de vérifier que les aliments respectent les exigences réglementaires et de suivre l’évolution de contamination par certains contaminants, résidus ou agents pathogènes.

Un prélèvement ne signifie donc pas systématiquement qu’une anomalie est suspectée.

Idée reçue n°4 : « Les laboratoires choisissent eux-mêmes les analyses à réaliser »

Faux

Dans le cadre des plans de surveillance et de contrôle de la DGAl, les analyses sont définies en amont selon l’analyse de risque réalisée par l’administration centrale.

Les laboratoires recherchent les substances ou micro-organismes prévus par les protocoles établis par les autorités compétentes.

Ils appliquent des méthodes validées et accréditées afin de garantir la fiabilité des résultats.

Idée reçue n°5 : « Si un résultat est non conforme, le produit est automatiquement retiré du marché »

Pas systématiquement

Une non-conformité entraîne avant tout une évaluation de la situation.

Les autorités compétentes analysent notamment :

  • la nature de la non-conformité ;
  • le niveau de risque pour la santé ;
  • la réglementation applicable ;
  • la traçabilité des produits concernés.

Selon les cas, différentes mesures peuvent être prises : investigations complémentaires, retrait ou rappel des produits, restrictions de mise sur le marché ou autres mesures administratives adaptées.

Idée reçue n°6 : « Les contrôles servent uniquement à sanctionner »

Faux

Les contrôles ont avant tout un objectif de protection de la santé publique.

Ils permettent notamment :

  • de vérifier le respect de la réglementation ;
  • de détecter précocement d’éventuels problèmes sanitaires ;
  • d’améliorer les connaissances sur certains risques ;
  • d’adapter les politiques publiques lorsque cela est nécessaire.

Ils contribuent ainsi à maintenir un haut niveau de sécurité sanitaire des aliments.

Idée reçue n°7 : « Les plans de surveillance sont toujours identiques »

Faux

Les plans évoluent chaque année.

Les substances recherchées, les espèces concernées, les volumes de prélèvements ou encore les zones ciblées peuvent être adaptés en fonction :

  • des connaissances scientifiques ;
  • des évolutions réglementaires ;
  • des risques émergents ou ré-émergents, des évolutions des pratiques de consommation ;
  • des résultats des années précédentes.
  • Cette adaptation permanente permet de concentrer les moyens sur les risques les plus pertinents.

En résumé

Les contrôles alimentaires ne consistent pas à analyser chaque produit vendu, mais à mettre en œuvre une surveillance organisée, fondée sur l’analyse des risques qui complète et permettent de vérifier les autocontrôles des professionnels.

Chaque prélèvement contribue à mieux connaître les risques, à détecter d’éventuelles anomalies et à garantir un niveau élevé de sécurité sanitaire des aliments au bénéfice des consommateurs.