Une surveillance organisée, du champ à l’assiette

Chaque jour, des millions de produits alimentaires arrivent dans nos assiettes. Pour garantir leur sécurité sanitaire, les professionnels de la chaîne alimentaire réalisent leurs propres autocontrôles et doivent maîtriser les dangers liés à leurs activités.

En complément de ces autocontrôles, l’État met en œuvre des contrôles officiels destinés à vérifier que les règles sanitaires sont respectées et que les produits mis sur le marché sont sûrs. Le dispositif de plans de surveillance et plans de contrôle (PSPC) constitue un des leviers principal de l’État pour assurer cette mission.

Pilotés et déployés chaque année par la direction générale de l’alimentation (DGAL), au ministère de l’Agriculture, ces plans permettent de surveiller les productions animales et végétales, les denrées alimentaires et l’alimentation animale, à toutes les étapes de la chaîne alimentaire.

Ces contrôles officiels s’inscrivent dans le cadre de la réglementation européenne et du plan national de contrôles officiels pluriannuel.

Deux outils complémentaires : surveiller et contrôler

Les PSPC reposent sur deux approches complémentaires.

Le plan de surveillance

Le plan de surveillance consiste à réaliser des prélèvements de façon représentative et aléatoire afin d’observer une situation générale et de mesurer le niveau de présence de certaines substances ou contaminants dans les aliments.

Il permet notamment :

  • de mieux connaître la situation sanitaire ;
  • d’évaluer l’exposition du consommateur ;
  • d’identifier des évolutions ou des tendances ;
  • d’adapter, si nécessaire, les mesures de gestion sanitaire.

On peut le comparer à une photographie globale de la qualité sanitaire des productions alimentaires.

Le plan de contrôle

Le plan de contrôle repose, lui, sur des prélèvements ciblés dans des situations considérées comme plus à risque.

Son objectif est de rechercher spécifiquement des anomalies ou des non-conformités et de vérifier l’efficacité des mesures sanitaires déjà mises en place.

Le premier sert donc principalement à mieux connaître une situation sanitaire ; le second vise davantage à détecter et corriger des problèmes.

Les PSPC reposent sur une approche fondée sur le risque : les contrôles sont orientés en priorité vers les produits, substances ou filières considérés comme les plus sensibles.

Un périmètre large, jusqu’aux frontières

Les PSPC couvrent l’ensemble de la chaîne alimentaire, selon le principe « de la fourche à la fourchette », depuis la production primaire jusqu’à la mise sur le marché des produits alimentaires.

Des prélèvements sont également réalisés aux frontières de l’Union européenne, dans les postes de contrôle frontaliers, afin de vérifier que les denrées importées respectent les exigences sanitaires européennes.

Les contrôles portent sur de nombreux types de risques sanitaires, parmi lesquels :

  • les résidus de médicaments vétérinaires et l’antibiorésistance ;
  • les résidus de pesticides ;
  • les contaminants chimiques, comme certains métaux, polluants environnementaux ou toxines naturelles ;
  • les contaminants biologiques, comme certaines bactéries, virus, parasites ou toxines ;
  • les radionucléides ;
  • certains organismes génétiquement modifiés non autorisés ;
  • l’alimentation animale ;
  • les denrées importées.

Le dispositif en chiffres

Pour l’année 2026, la programmation prévoit environ 65 000 prélèvements, hors contrôles en postes de contrôle frontaliers, répartis sur une trentaine de plans.

Les plans sont dimensionnés selon les risques sanitaires identifiés et les exigences fixées au niveau européen. Environ 65 % d’entre eux concernent les résidus de médicaments vétérinaires et les résidus de pesticides, qui constituent historiquement une part importante de la surveillance sanitaire.

De nombreux acteurs mobilisés

Le dispositif mobilise de nombreux acteurs aux rôles complémentaires.

La DGAL assure le pilotage et la coordination nationale des PSPC. Les services déconcentrés de l’État et des délégataires réalisent les prélèvements sur le terrain. Les laboratoires d’analyse officielle, appuyés par les laboratoires nationaux de référence, analysent ensuite les échantillons. Les résultats sont interprétés par les agents de l’état, et les actions de gestions des éventuelles non-conformités détectés sont mises en œuvre.

Par ailleurs, sur la base des résultats de contrôles officiels, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) et l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) contribuent à l’évaluation des risques sanitaires liés à l’alimentation.

Depuis 2024, le pilotage et coordination des contrôles de sécurité sanitaire des aliments relève du ministère de l’Agriculture, avec la DGAL.

Que se passe-t-il en cas de résultat non conforme ?

Lorsqu’une non-conformité est détectée, l’administration met en place des mesures adaptées à la situation.

Selon les cas, cela peut aller :

  • d’un rappel à la réglementation ;
  • au retrait ou au rappel de produits ;
  • à la destruction de lots ;
  • à des contrôles renforcés ;
  • à des enquêtes pour identifier l’origine du problème.

Dans certaines situations, des mesures complémentaires peuvent être prises, comme la mise sous séquestre d’un cheptel, la destruction de récoltes ou des restrictions concernant certains produits importés.

Ces actions visent à protéger rapidement les consommateurs et à éviter la diffusion de produits présentant un risque sanitaire.

Une information partagée et publiée

Les résultats des PSPC sont consolidés chaque année sous forme de bilans et de fiches de synthèse publiés par le ministère de l’Agriculture.

Ils sont également transmis aux agences d’évaluation des risques sanitaires françaises et européennes, notamment à l’Anses, à l’EFSA et à la Commission européenne.

Ces données permettent de suivre l’évolution des risques sanitaires, d’évaluer l’exposition des consommateurs et d’adapter les mesures de gestion mises en place au niveau national et européen.

En résumé

Les PSPC constituent un filet de sécurité couvrant l’ensemble de la chaîne alimentaire, du producteur jusqu’au consommateur, y compris pour les produits importés.

Ils poursuivent un double objectif :

  • protéger la santé publique ;
  • garantir un haut niveau de sécurité sanitaire des aliments.

Ils reposent sur une surveillance continue, coordonnée à l’échelle nationale et fondée sur l’analyse des risques.

Et Maestro dans tout ça ?

Pour piloter un dispositif d’une telle ampleur, la DGAL s’appuie sur des outils numériques dédiés.

Maestro est l’interface qui permet de programmer les prélèvements, les réaliser en mobilité,suivre leur réalisation, centraliser les résultats d’analyse, faciliter la transmission de ces et assurer le pilotage national des PSPC.

L’application rassemble les données nécessaires au suivi de la mise en œuvre des plans sur l’ensemble du territoire : programmation des contrôles, répartition des prélèvements, suivi des analyses et état d’avancement des campagnes.

En réunissant ces informations dans un même environnement, Maestro contribue à rendre la surveillance sanitaire plus lisible, plus cohérente et plus efficace, au service de la sécurité de notre alimentation.

En version vidéo :