Une fois le prélèvement réalisé, celui-ci est acheminé vers un laboratoire pour être analysé. Mais que se passe-t-il exactement ? Que recherchent les scientifiques ? Pourquoi certaines analyses prennent-elles plusieurs semaines ? Et comment être sûr de la fiabilité des résultats ?

Voici les réponses aux questions les plus fréquentes.

Que recherchent réellement les laboratoires ?

Contrairement à une idée reçue, les laboratoires ne cherchent pas “tout”. Chaque analyse répond à une question précise, définie par la programmation du dispositif de plan de surveillance ou de contrôle (PSPC).

Selon les objectifs du plan, le laboratoire peut rechercher par exemple :

  • des résidus de médicaments vétérinaires ;
  • des résidus de produits phytopharmaceutiques (pesticides) ;
  • des contaminants chimiques (comme certains métaux lourds ou des polluants environnementaux) ;
  • des agents pathogènes (comme certaines bactéries, virus ou parasites) ;
  • des radionucléides;
  • d’autres substances ou organismes faisant l’objet d’une surveillance particulière.

Les analyses sont donc ciblées et réalisées selon des protocoles définis à l’avance.

Une même analyse permet elle de rechercher plusieurs substances ?

Oui, dans de nombreux cas.

Les techniques analytiques modernes permettent de rechercher simultanément plusieurs dizaines, voire plusieurs centaines de substances au sein d’un même échantillon. C’est notamment le cas pour certains résidus de produits phytopharmaceutiques ou de médicaments vétérinaires.

À l’inverse, certaines analyses sont très spécifiques et ne recherchent qu’un seul contaminant ou un seul micro-organisme.

Le choix de la méthode dépend de l’objectif du plan et des analyses demandées.

Quelle est la différence entre un résidu, un contaminant et un agent pathogène ?

Ces trois termes sont souvent confondus, alors qu’ils désignent des réalités différentes.

Les résidus

Les résidus sont des traces de substances utilisées de manière volontaire, par exemple un médicament vétérinaire administré à un animal ou un produit phytopharmaceutique appliqué sur une culture. Leur présence est encadrée strictement par la réglementation.

Les contaminants chimiques

Les contaminants sont des substances qui se retrouvent dans les aliments sans avoir été ajoutées volontairement. Ils peuvent provenir de l’environnement, des procédés de fabrication ou du stockage. C’est par exemple le cas de certains métaux lourds ou de certaines toxines naturelles.

Les agents pathogènes

Les agents pathogènes sont des organismes vivants (ou des virus) susceptibles de provoquer une maladie chez l’être humain ou l’animal. Les laboratoires peuvent rechercher certaines bactéries, virus ou parasites selon les objectifs du plan.

Pourquoi certaines analyses prennent-elles plusieurs semaines ?

Toutes les analyses ne demandent pas le même temps.

Le délai dépend notamment :

  • du type d’analyse réalisée ;
  • de la complexité de la méthode utilisée ;
  • des étapes de préparation de l’échantillon ;
  • du temps nécessaire à certaines cultures microbiologiques ;
  • des contrôles qualité effectués avant la validation des résultats.

Le laboratoire ne transmet un résultat qu’une fois l’ensemble des vérifications réalisées.

Les laboratoires peuvent-ils se tromper ?

Comme toute activité scientifique, une analyse repose sur des méthodes rigoureuses et des contrôles qualité destinés à garantir la fiabilité des résultats.

Les laboratoires participant aux analyses officielles travaillent selon des méthodes validées et, pour les analyses concernées, sont accrédités selon des référentiels reconnus. Ils réalisent également des contrôles internes et participent régulièrement à des essais inter-laboratoires permettant de vérifier la qualité de leurs analyses.

Lorsqu’un résultat présente une anomalie ou nécessite une confirmation, des analyses complémentaires peuvent être réalisées selon les procédures prévues.

Comment les méthodes d’analyse sont-elles validées ?

Avant d’être utilisées dans le cadre des contrôles officiels, les méthodes d’analyse font l’objet d’une validation scientifique permettant de vérifier qu’elles sont adaptées à l’usage prévu.

Selon les analyses concernées, elles doivent notamment démontrer qu’elles permettent d’obtenir des résultats fiables, reproductibles et suffisamment sensibles pour détecter les substances ou organismes recherchés.

Les exigences applicables sont définies par la réglementation et les normes en vigueur.

Et Maestro dans tout ça ?

Si les analyses sont réalisées par les laboratoires, Maestro joue un rôle essentiel dans leur suivi.

Avant l’envoi du prélèvement, Maestro permet aux agents de renseigner toutes les informations nécessaires à l’analyse : le type de prélèvement, les analyses demandées, le contexte du prélèvement et les informations de traçabilité.

Une fois les analyses terminées, plusieurs laboratoires partenaires transmettent automatiquement leurs résultats à Maestro. Ceux-ci sont alors associés au prélèvement concerné et mis à disposition des services de l’État.

En assurant le lien entre le terrain, les laboratoires et les services de l’État, Maestro contribue à la traçabilité et au suivi des analyses tout au long du dispositif des plans de surveillance et de contrôle.

En résumé

Les laboratoires ne recherchent pas “tout” dans un prélèvement : ils réalisent des analyses ciblées, définies par la DGAL. Grâce à des méthodes scientifiques validées, des procédures de qualité rigoureuses et des outils de suivi comme Maestro, chaque prélèvement peut être analysé, tracé et exploité afin de contribuer à la surveillance de la sécurité sanitaire des aliments.